46. Philosophiquement votre
De temps en temps remontent des souvenirs
Je saisis l’occasion qui devrait me suffire
Pour ne pas réécrire
En plus beau ou en pire
Mes propres mots, mes propres dires,
Non pour vous épater ou vous séduire
Mais pour étaler ce qu’à ce moment là,
Je vois, je crois voir ou j’aperçois
Toujours emprisonnés dans les parois
De ma mémoire et de ma voix
Les doutes les certitudes les peines et les joies
Se confondant avec mes états d’âme d’ici ou de là-bas
Hier d’aujourd’hui, d’antan et d’autrefois…
À la fois heureux et triste de les revoir, mais je ne sais pourquoi !?!
Le produit de nos neurones et de nos âmes
De nos émotions réelles ou d’hologrammes
Gisant dans nos têtes pêle-mêle en anagramme
Et traitées par des machines et leurs programmes
Des algorithmes en passe d’être nos seuls sésames
Nos seuls ponts vers une réalité sous hypnose ou sous came
Ma question est :
peut-on vraiment se passer du passé
Des souvenirs imagés
Dans une grande clarté
Quelque part dans la mémoire où ils se sont encastrés
Refusant l’oubli et ne sachant s’auto-effacer
Pour ressurgir par intermittence à un instant T ?
S’ils nous rappellent le bonheur tant mieux
c’est comme un spectacle au coin du feu
Que l’on soit seul ou à deux
Serein nostalgique ou envieux
S’ils nous attristent tant pis
Qu’on ferme les yeux ou qu’on les fuit
Ils sont là comme sortis du fond d’un puits
Nous poussent à baisser les bras se résigner à vie
En fustigeant le présent et en déplorant « l’absence de l’oubli »
Les souvenirs nous appartiennent et sont propres à chacun
Comme nos cauchemars nocturnes et nos rêves au p’tit matin
Et tout ce qu’on ne peut avoir en commun
Quelque part, c’est cela notre destin
Le destin révolu, immuable et qui ignore le mot « revient »
Mais la vie, elle, elle continue à poursuivre son chemin
Sans annoncer que chaque jour a un lendemain
Tant qu’elle est là accrochée à espoir même lointain
Son seul but est d’être belle pour tout un chacun
Même si cela n’est ni garanti ni certain
Sachant que la chance et la malchance se partagent le terrain
S’accrocher à la vie à l’espoir c’est rester dans le train
Se contenter du maigre repas quand on a faim
Et le considérer s’il faut, comme un festin…
Le présent est le moment de préparer un bel avenir.. ou bien
Qui peut simplement déboucher sur rien !
Ainsi… on peut voir… très loin !
Comme l’écrivain qui, au début de son roman, voit la fin
Et pense déjà au prochain
Et de son succès le lendemain
W.S.20/04/2025
