20. Philosophie des contraires
C’est un jour J quand vint le jour
Du concours du froid glacé
Et de la chaleur du four
Des pôles opposés, comme le jardin et la cour
L’un venant des cimes des glaciers
L’autre du cœur de notre terre en brasier
Des opposés qui se disputent à s’infliger différents maux
La suprématie, la domination et avoir le dernier mot
Ignorant la complémentarité, la raison qui deviennent de vrais fardeaux
Le combat de ceux qui pensent
Versus ceux qui dansent
Celui des bâtisseurs à l’œuvre nuit et jour
L’autre des magiciens prompts à jouer des tours
Celui du chant des sirènes
L’autre du mélomane et du troubadour
La sirène chante sans qu’on ne la voit
Mais son absence subjugue plus que sa voix
Elle attire vers le large pêcheurs et marins
D’aucun ne soupçonne qu’il va connaître sa fin
Était-il écrit ou est-ce ainsi leur destin
Finir en victime en proie et en festin*
Le poète calme et serein
Pense, réfléchit et met de l’eau dans son vin
Dit d’abord qui n’est point prophète mais enfin
En l’absence de ce dernier, il s’improvise devin
Et apprendre à l’homme à aimer son prochain
Quitte à perdre la vie ou du moins
Morfondre à jamais dans un immense chagrin
Le rôle de l’humain est pluriel
Voir l’horizon comme une limite réelle
Un mur ceinturant le site au loin en touchant le ciel
La fin de la vie comme une fin en soi
En Refusant de croire au mythe de l’au-delà
L’autre, humain aussi, veut bien croire
Que l’horizon est juste le point de départ
Vers l’inconnu tenu secret, la reconquête de l’espoir
Vécu ici-bas tantôt en rêve tantôt en cauchemar
Que la vie à son ultime instant
Perce le mystère du succédant
À la fin du Nième printemps
Dont on ne sait rien pour l’instant
Plus on sait, plus notre ignorance grandit
Plus on croit savoir plus on devient petit
Plus on piétine les vertus, plus l’aura s’obscurcit
Plus on ignore l’abstrait plus on sent que le cœur ne bat plus !
Le mirage n’est jamais une réalité
C’est une chimère, une fausseté
Un leurre… Une vision erronée !
* Mythologie grecque
W.S. 28.01.23
