6. Taire la terre
Taire la terre pour que rien ne puisse plus pousser
Et rien ne puisse respirer
Tout se tarit
Les sources d’eau et la pluie
Le bruit de la forêt avec le silence de la nuit
Tout meurt
Les cœurs
Les senteurs
La faune et la flore :
Les abeilles et aussi les fleurs
Les vaches et les brebis
Les chiens et leurs maîtres
Et au-delà tout ce qui se préparait à naître
Les chenilles qui deviendront papillons
Les fœtus lors de leurs éclosions
Les oiseaux les reptiles… et les arbres…
Sévit alors une désolation macabre
Les dunes de sable et les falaises
Nues
Les grottes et les montagnes
Les minerais enfouis
L’or l’argent et aussi
Les billets de banque dans les coffres-forts
Les bagnoles qui brillent
Les yots qui flottent
Et les jets volants
Entre les buildings qui se jettent
Dans les profondeurs du ciel
Mais où seul le vent est locataire
Et tout a l’air de ne ressembler à rien…
C’est là où surgit un homme et se dit
Ciel ! Qu’ai-je fait ? Que « m’ai-je » fait ?
J’ai tué mes semblables et tout ce qui abritait la vie
J’ai essayé même à tort
De tuer la mort
Je me suis cru Dieu tout en me déclarant impie
J’ai cru tout comprendre mais en fait
J’étais la vie et je me suis détruit !
A jamais détruit !
W.S.10/09/20
